| polyèdre suivant | polyèdre précédent | courbes 2D | courbes 3D | surfaces | fractals | polyèdres |
POLYÈDRE
Polyhedron, Polyeder
Un polyèdre de l'espace à 3 dimensions
E3 est un ensemble
fini non vide de polygones (les
faces
du polyèdre) situés dans des plans de E3
, les côtés et sommets de ces faces étant appelés
les arêtes et sommets du polyèdre, telles que
:
1) chaque côté de chaque
face coïncide avec un côté d'une seule autre face, non
coplanaire avec la première.
2) (condition de connexité)
deux faces sont toujours reliées par une suite de faces, chaque
face ayant une arête commune avec la suivante.
3) (condition de non croisement) deux
faces n'ont aucun point intérieur en commun.
REM : La condition 2) peut s'énoncer plus savamment en disant que le graphe dont les sommets sont les faces du polyèdre, deux sommets étant reliés par une arête si les faces correspondantes sont contiguës est connexe. Si l'on donnait seulement la condition que le graphe qui a même sommets et arêtes que le polyèdre est connexe, alors deux tétraèdres opposés par un sommet constitueraient un polyèdres !
Cette définition, qui exclut par exemple les polyèdres dits étoilés, admet diverses généralisations à voir sur la page des polyèdres généralisés.
Un polyèdre possède au moins 4 sommets, 6 arêtes et 4 faces.
On classe les polyèdres suivant leur nombre
de faces, appelé l'ordre du polyèdre, en utilisant
les suffixes grecs suivants :
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | |||
| tétra | penta | hexa | hepta | octa | ennéa
ou nona |
déca |
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| hendéca ou
undéca |
dodéca | tridéca | tétradéca | le suffixe ... |
|
plus déca | ... | ... | icosa |
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 |
| icosiéna | icosidi | icositri | icositétra | icosi plus le... | ...suffixe.... | ...ci-dessus | ... | ... | triaconta |
| 31 | 33 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | 90 | 100 | 1000 | 10000 | |
| triacontaéna | triacontadi | etc. | tétraconta | pentaconta | hexaconta | heptaconta | octaconta | ennéaconta | hecta | kilia | myria |
Le nombre d'arêtes qui aboutissent à un sommet
est le degré du sommet, toujours ³
3.
Le code de Schläfli du sommet est une suite
des ordres des faces aboutissant à ce sommet ; par exemple 33.4.3.5
signifie qu'au sommet aboutissent, dans cet ordre, trois triangles, puis
un quadrilatère, un triangle et enfin un pentagone.
La surface du polyèdre est la réunion
des faces pleines ; c'est une surface connexe compacte plongée dans
E3 donc homéomorphe
au tore à n trous
; le nombre n est le genre
du polyèdre, et dans le cas n = 0, le polyèdre est
dit simple. Les nombres S de sommets, A d'arêtes
et F de faces d'un polyèdre sont reliés par la
relation
d'Euler-Poincaré : S + F = A + 2 - 2n.
| Exemple de polyèdre torique,
de genre 1 : S = 9, F= 9, A = 18 = S + F.
C'est le polyèdre non simple d'ordre minimum (?) |
![]() |
| Le première étape de l'éponge
de Sierpinski n'est pas un polyèdre au sens ci-dessus : les
faces externes, percées d'un trou, ne sont pas des polygones. Mais
si on la déforme en créant 4 faces par faces externes, comme
l'indiquent les pointillés ci-contre, on obtient un polyèdre
de genre 5 :
S = 40, F = 48, A = 96 = S +F + 2.5 - 2 |
![]() |
La CNS pour qu'il existe un polyèdre simple ayant
S
sommets, A arêtes et F faces est donnée par
la conjonction des 3 conditions (théorème de Steinitz) :
- la relation d'Euler : S +
F
=
A
+
2
- S ³
4
- 2A ³
3.max (S,
F) ;
on peut ainsi montrer qu'il n'existe pas de polyèdre
simple ayant 7 arêtes.
Deux polyèdres sont dits (combinatoirement)
équivalents s'il existe une bijection entre les sommets, conservant
les arêtes et les faces. Une classe d'équivalence est un type
de polyèdre.
Deux polyèdres sont dits isométriques (resp.
semblables) s'il existe une isométrie (resp. une similitude) de
l'espace conservant les faces. Isométriques implique semblables,
qui implique équivalents, mais les réciproques sont fausses.
On confond en général deux polyèdres semblables.
| Contrairement à ce que pensait Euclide, deux polyèdres,
même convexes, ayant des faces isométriques deux à
deux ne sont pas forcément isométriques. Un contre-exemple
est fourni par le cuboctaèdre
et le pseudo-cubocataèdre.
Par contre deux polyèdres convexes équivalents ayant des faces correspondantes isométriques sont isométriques (théorème de Cauchy). Ce dernier théorème est lui-même faux pour des polyèdres non convexes. |
Ces deux polyèdres ont des faces isométriques
|
| La donnée de ses sommets définit entièrement un polyèdre convexe ; le contre-exemple ci-contre montre que c'est faux si on enlève la condition de convexité, même pour des polyèdres sans trou : | ![]() ![]() |
|
Le squelette du polyèdre est la réunion de ses arêtes pleines. La donnée du squelette d'un polyèdre définit donc ses sommets et ses arêtes, mais pas forcément ses faces, comme le montre le contre-exemple ci-contre. |
![]()
Ces deux polyèdres isométriques ont le même squelette, mais pas les mêmes faces. |
Le polyèdre plein est la réunion de sa surface et des points "intérieurs" à cette surface, c'est-à-dire ceux qui sont tels que toute courbe continue partant d'un tel point et allant à l'infini rencontre la surface.
Un patron d'un polyèdre est une réunion
de polygones pleins dans un plan, isométriques aux faces du polyèdre,
ne se chevauchant pas, chaque polygone étant attaché à
exactement un autre par une arête et permettant par pliage de reconstituer
la surface du polyèdre.
Attention, le patron peut ne pas être caractéristique
du polyèdre : Voir ici
un exemple de patron qui conduit à deux polyèdres distincts.
| Un graphe non orienté simple est dit associé à un polyèdre s'il existe une bijection entre les sommets du graphe et ceux du polyèdre, préservant les arêtes, par exemple le graphe défini par le squelette du polyèdre. Deux polyèdres équivalents ont des graphes associés isomorphes, mais la réciproque est fausse (voir ci-contre un contre-exemple dû à Guy Valette). Dans le cas d'un polyèdre simple, on appelle diagramme de Schlegel toute représentation plane d'un graphe associé, avec des arêtes rectilignes sans croisement. On obtient un tel diagramme dans le cas d'un polyèdre inscriptible par projection stéréographique sur un plan tangent à la sphère en un point autre qu'un sommet. |
Les deux polyèdres ci-dessus ont même squelette
(donc même graphe associé) mais ne sont pas équivalents.
Voir aussi un cas triple pour des polyèdres étoilés |
Un graphe non orienté simple est associé
à un polyèdre de genre n si et seulement s'il remplit
les conditions suivantes (autre théorème de Steinitz):
- être connexe et rester connexe
quand on retire 2 sommets quelconques
- être représentable
sur un tore à n trous
sans intersections, (autrement dit dans le cas n = 0, être
"planaire")
- chaque sommet est au moins de degré
3 .????
Un polyèdre est dit convexe si le polyèdre plein est convexe ; les faces en sont alors des polygones convexes.
Un polyèdre convexe est simple et le polyèdre
plein est alors l'enveloppe convexe des sommets. Une partie bornée
de E3 est un
polyèdre plein convexe sssi c'est une intersection d'un nombre fini
de demi-espaces fermés.
Tout point intérieur à un polyèdre
convexe se projette sur une face au moins ! En effet, on peut fixer ce
point intérieur, mettre des masses aux sommets de sorte que ce point
soit le centre de gravité du système obtenu, et ensuite dire
que si ce point ne se projetait sur aucune face, alors, quelle que soit
la face sur laquelle on pose le système alors il basculerait, ce
qui est absurde.
Tout polyèdre simple est équivalent à
un polyèdre convexe.
![]() |
Un polyèdre est dit inscriptible (ou inscrit) si ses sommets sont situés sur une sphère ; la figure ci-contre montre qu'il n'est alors pas forcément convexe. Par projection conique de centre le centre de la sphère, on obtient dans le cas convexe un pavage de la sphère par des polygones sphériques (par contre, un pavage sphérique ne fournit pas forcément un polyèdre inscriptible, sauf si toutes les faces sont triangulaires). |
Un polyèdre simple n'est pas forcément équivalent
à un polyèdre inscriptible ; exemple : un cube dont on a
tronqué un sommet. Voir ici
un article donnant une CNS pour qu'un polyèdre soit équivalent
à un polyèdre inscriptible.
Un polyèdre est dit circonscriptible, si
ses faces prolongées sont tangentes à une même sphère.
Le dual (P*)
d'un polyèdre inscriptible (P) obtenu par polarité
par rapport à la sphère dans (P) est inscrit est circonscrit
à cette sphère (mais attention ce dual peut être un
polyèdre
étoilé) , et réciproquement, le dual
(P*) d'un polyèdre circonscriptible (P) obtenu par
polarité par rapport à la sphère circonscrivant (P)
est inscrit dans cette sphère (mais là aussi, ce dual peut
être un polyèdre étoilé).
Voir aussi
Site de J.J. Dupas : www.dma.ens.fr/culturemath/video/Dupas-polyedres
Site très complet sur les polyèdres : www.ac-noumea.nc/maths/polyhedr/index.htm
Icosaweb : www.ac-reunion.fr/pedagogie/icosaweb/GeomJava/Polyedre/M_poly.htm
Logiciel pour tracer des polyèdres : www.peda.com/poly/download.html
Site de G. Tulloue (polyèdres semi-réguliers) : www.sciences.univ-nantes.fr/physique/perso/gtulloue/Polyedres/Index_Polyedres.html
The Euler-Poincaré Formula : www.cs.mtu.edu/~shene/COURSES/cs3621/NOTES/model/euler.html
Site du sculpteur Antoine Walter : www.delcaflor.net/espace/polyedres/index.html
Polyhedra plaited with paper strips : www.faust.fr.bw.schule.de/mhb/flechten/indexeng.htm
Studies into Polyhedra : www.cit.gu.edu.au/~anthony/graphics/polyhedra/
Site de George Hart : www.georgehart.com/virtual-polyhedra/vp.html
Symmetry, Crystals and Polyhedra : www.uwgb.edu/dutchs/symmetry/symmetry.htm
Polyhedra Collection : www.physics.orst.edu/~bulatov/polyhedra/index.html
Articles de Jorge Rezende : gfm.cii.fc.ul.pt/Members/JR.en.html
The four regular non-convex polyhedra : cage.rug.ac.be/~hs/polyhedra/keplerpoinsot.html
Les principaux polyèdres cristalographiques : www.univ-lemans.fr/enseignements/chimie/01/cristallographie/formes.html
| polyèdre suivant | polyèdre précédent | courbes 2D | courbes 3D | surfaces | fractals | polyèdres |
© Robert FERRÉOL 2005